Archive for the Les Petits Chocs Category

Cioran – Sur les cimes du désespoir

Posted in Les Petits Chocs on 31 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

Transsubstantiation de l’amour.

L’irrationnel joue un rôle capital dans la naissance de l’amour, de même que dans la sensation de l’amour, l’impression de fondre, de se dissoudre. L’amour est une forme de communion et d’intimité : qu’est-ce qui saurait l’exprimer mieux que le phénomène subjectif de la dissolution, de l’écroulement de toutes les barrières de l’individuation ? L’amour n’est-il pas tout ensemble, paradoxalement,, l’universel et le singulier par excellence ? La véritable communion ne peut se réaliser qu’à travers l’individuel. J’aime un être, mais comme celui-ci est le symbole du tout, je participe de l’essence du tout sur un mode naïf et inconscient. Cette participation universelle suppose la spécification de l’objet, l’individuel ouvre à l’universel. Le flou et l’exaltation de l’amour surgissent d’un pressentiment, de la présence irrationnelle dans l’âme de l’amour en général, qui touche alors à son paroxysme. L’amour vrai est un sommet auquel la sexualité n’enlève rien.
La sexualité n’atteint-elle pas, aussi, des cimes ? Ne procure-t-elle pas un paroxysme unique ? Ce curieux phénomène qu’est l’amour, cependant, chasse la sexualité du centre de la conscience, bien qu’on ne puisse concevoir d’amour sans sexualité. L’être aimé grandit alors en vous, purifié et obsédant, nimbé de transcendance et d’intimité, qui rendent la sexualité marginale, sinon en fait, du moins subjectivement. Entre les sexes, pas d’amour spirituel, mais une transfiguration charnelle où la personne aimé s’identifie à vous jusqu’à vous donner l’illusion de la spiritualité. Alors seulement surgit la sensation de dissolution, où la chair tremble d’un frémissement brutal et cesse d’être résistante et obstacle pour brûler d’un feu intérieur, pour se fondre et se perdre.

Cioran – Syllogisme de l’amertûme – 4 –

Posted in Les Petits Chocs on 28 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

L’art d’aimer ? C’est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone.

Cioran – Syllogismes de l’amertûme – 3 –

Posted in Les Petits Chocs on 26 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

Sans l’impérialisme du concept, la musique aurait tenu lieu de philosophie : c’eût été le paradis de l’évidence inexprimable, une épidémie d’extase.

Cioran – Le crépuscule des pensées – 2 –

Posted in Les Petits Chocs on 19 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

Ce qui rend les grandes villes si tristes, c’est que chaque homme veut être heureux et que les chances baissent au fur et à mesure que grandit le désir. La recherche du bonheur indique la distance du paradis, le degré de la déchéance humaine. Alors pourquoi s’étonner que Paris soit le point le plus éloigné du Paradis ?

Cioran – Le crépuscule des pensées – 1 –

Posted in Les Petits Chocs on 17 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

On est incurablement pris au leurre de la vie, lorsque en regardant le ciel dans les yeux d’une femme, on ne peut oublier l’original.
Pouvoir souffrir avec folie, courage, sourire et désespoir.
L’héroïsme n’est que la résistance à la sainteté.
Le danger, dans la souffrance, c’est d’être gentil : d’endurer avec compréhension. Ainsi, de l’homme qu’on était, fait de chair infiniment mortelle, on se sent glisser en une icône.
Ne deviens pour personne exemple de perfection; détruis en toi tout ce qui est figure et modèle à suivre.
Que les hommes apprennent de toi à craindre les voies de l’homme. Tel est le but de la souffrance.

Cioran – Syllogismes de l’amertûme – 2 –

Posted in Les Petits Chocs on 16 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

La liberté est le bien suprême pour ceux-là seuls qu’anime la volonté d’être hérétiques.

Cioran – Syllogismes de l’amertûme – 1 –

Posted in Les Petits Chocs on 13 mai 2010 by Le Grand Méchant Loup

« S’il me fallait renoncer à mon dilettantisme, c’est dans le hurlement que je me spécialiserais. »